Visite à la Sécurité Civile
Le pilote
Tout jeune Grenoblois, Renaud regardait passer l'Alouette III rouge de la Sécurité Civile en se disant, Un jour je serai là- dedans, et je serai aux commandes… Quels sont les pré- requis pour être pilote d'hélicoptère dans la Sécurité Civile ? Il faut être pilote professionnel qualifié IR, avec au moins 2500h de vol, dont 200 de nuit. 8 ans d'expérience. Vous en êtes où ? J'ai entre 7 et 8000h de vol. C'est relativement peu, parce que nous faisons des vols courts, 40 minutes maximum. CV 1990, bureau de recrutement de la Marine. 1993, breveté, embarqué sur porte-avions. Suivent quinze ans de pilotage en mer, dont six sur les 13 tonnes du Super Frelon, par toutes les météos, entraînements multiples. En fin de carrière militaire, commandement d'un assaut héliporté, mission complexe, dix machines, soit une centaine de commandos qui vont descendre sur corde libre pour une simulation d'attaque de nuit. Renaud prépare la mission, les contraintes logistiques, techniques et tactiques, puis gère la mission en vol… Un an à l'État-Major de la Marine, puis deux comme pilote expert Super Frelon à l’escadrille d’essai de l’Aéronavale, commandant de bord sur des machines qu'il ne connaît pas, dont il lui faut découvrir défauts et qualités. Des conditions qui forgent toutes sortes de compétences.
Bretagne, 2005. Premier job civil au Secours en Mer, encore sur Super Frelon. Là, c'est un peu l'enfer. Par définition quand on sort, c'est que la météo est épouvantable. Pleine tempête, des creux impossibles, la machine secouée de toutes parts dans les rafales et la nuit noire totale. Trouver le chalutier en perdition là-dedans, juste une loupiote dans l'obscurité, le reste du bateau invisible, dans quelle position est-il, comment je vais pouvoir treuiller ? Mais qu'est-ce que je suis venu foutre dans cette galère ?? Forcément on apprend encore des choses… Quel est le ratio entraînement / opération ? On fait environ 30h de secours en mer par an, et 200 à 220h d'entraînement. Sécurité Civile, Grenoble, 2007. Au passage, Grenoble est la première base d'opérations de secours héliportés, mise en œuvre en 1957. Ici c'est l'inverse. On vole entre 200 et 300h par an, dont seulement 5% en entraînement, et 95% en opérations de secours. On n'arrête pas, hiver comme été.